Théâtre
...Et maintenant il neige ! d'après les nouvelles de Singer
le 2 décembre à 20h30 à La Châtre -36-
le 3 décembre à Ingré -45-
le 9 décembre à 20h30 et le 10 décembre à 15h et 20h30
au Théâtre du Grand Orme à Feings -41-
le 3 février à Angé -41-
le 12 mai à Chémery -41-

...Et maintenant, il neige !
inspiré des nouvelles d'Isaac Bashevis Singer
avec Emmanuel Faventines, Juliette Mailhé, Danièle Marty et deux chèvres
lumières, décor : Michel Druez
accessoires, marionnettes : Richard Penny
musique : Christine Ott
costumes : Vanessa Bourdier avec l'aide de Mireille Poisson et Pamela Moulton
création 2011
production : Compagnie du Hasard et le Théâtre Maurice Sand
…Une littérature sans passion, c'est comme du pain sans farine. Tout être humain même s'il est stupide, est infiniment riche en émotions…I.B.Singer
Les contes d’Isaac Bashevis Singer
Singer nous emmène dans une Pologne de tous les temps, où les petites filles sont blondes ou rousses avec des nattes et des tâches de rousseur et où les garçons sont roux, eux aussi. Ils portent une calotte sur la tête et de longues papillotes.
Les garçons sont amoureux et rêvent de noces où les fiancés tiennent chacun un bout du mouchoir, tandis que les musiciens font danser vieux et jeunes, voisins riches ou pauvres.
Garçons et filles rêvent de voyager et de découvrir des mondes merveilleux. Ils sont curieux des livres, et adorent par dessus tout, écouter des histoires…
C’est souvent l’hiver et la neige tombe, transformant les paysages jusqu’à ce que tous les repères disparaissent.
Des sages passent de longues heures à réfléchir, pour trouver des solutions à tous les problèmes qui peuvent se poser : - démêler les jambes de quatre sœurs qui se sont emmêlées pendant la nuit, ou bien encore expliquer comment Schlémiel, parti pour aller visiter Varsovie, soit de retour chez lui après seulement une nuit ?
Pour trouver des réponses, ils tirent sur leur longue barbe, l’un d’entre eux tire aussi la langue et pose son pouce sur son nez, un autre pose un doigt sur la tête et ils trouvent toujours une solution.
Cependant, des démons rôdent un peu partout et tentent de détourner les enfants et les femmes du chemin le plus droit. Ils sont des hommes cornus, qui cachent leur proéminence sous des cheveux hirsutes, et des femmes coiffées de charlottes pour protéger leurs boucles pleines de pouvoirs magiques. Des dibbouks* habitent les miroirs et séduisent les jeunes femmes qui viennent s’y mirer.
Comme pour rétablir un équilibre, des lantuchs, lutins aimables ou encore des émissaires de dieu interviennent pour que les êtres fragiles, s’ils sont capables de sagesse, accèdent à une belle vie.
Des animaux, souvent des chèvres, partagent la vie de la maison et contribuent, eux aussi grâce à leur confiance et leur bon sens, à remettre tout le monde à l’endroit.
*les dibbouks sont des sortes de démons qui prennent possession de quelqu'un pour tenter de le rendre fou, vicieux et corrompu.
L'écriture n'a jamais qu'un but, toujours le même, raconter une histoire. La narration en soi, c'est le but. Elle est aussi un legs. Une bonne histoire a bien plus de signification qu'une douzaine de messages. I.B. Singer
Notre spectacle
Le monde merveilleux de Singer, qui part du quotidien pour s’échapper dans le fantastique avec des héros fragiles et souvent modestes, me touche depuis toujours ou presque, depuis que je sais lire !
A partir d’histoires tirées de différents recueils, je souhaite raconter, sans mots ou presque, les aventures extraordinaires de jeunes enfants.
Celle d’Aaron et de sa chèvre, celle de Manassé ou de Schlémiel.
Nous créerons en scène un monde propice à l’apparition des démons, des sorcières amis aussi des lantuchs.
Le travail plastique sera confié à Michel Druez à la lumière et à la construction et aussi à Richard Penny. Il est accessoiriste et marionnettiste. Nous l’avons rencontré cet été, alors qu’il présentait avec Buchingers Boot Marionnette : Yaga’sfire, dans le cadre de l’opération Mir Caravane. Une coopération très fructueuse sur un spectacle créé par toutes les troupes nous a donné envie de travailler ensemble.
Richard invente toutes sortes d’objets à partir de matériaux de récupération et crée des personnages magnifiques. Son inventivité pourra trouver un terrain particulièrement fécond chez Singer.
Michel Druez inventera des neiges, des toupies géantes, et des mécanismes aussi extraordinaires que s’il était un lantuch.
En scène, il y aura trois comédiens, deux femmes, un homme. Ils pourront être enfant, homme, femme, animal, dibbouk ou sage, selon les besoins de la narration. Ils manipuleront les créatures imaginées par Richard Penny.
Le travail de répétitions se fera à partir des contes sélectionnés et aussi de travaux d’improvisations inspirés de ce que chacun d’entre nous connaît du monde de Singer.
L’objectif sera d’inventer, à partir de toutes ces histoires, notre histoire à nous, celle d’un jeune garçon qui rencontre une jeune fille, tombe amoureux, mais doit traverser un tas d’épreuves avant de pouvoir l’aimer.
Date de création : 2 décembre au Théâtre Maurice Sand de La Châtre -36-
Tournée :
le 3 décembre à Ingré -45-
le 9 décembre à 20h30 au Théâtre du Grand Orme à Feings -41-
le 10 décembre à 15h et 20h30 au Théâtre du Grand Orme à Feings -41-
le 3 février à Angé -41-
le 12 mai à Chémery -41-
Extraits :
« … huit ombres étaient projetées au lieu de neuf. Tout devint subitement clair : on sait que les diables ne projettent pas d’ombre. Le visiteur n’était donc pas un homme mais un démon ! Quand la pendule sonna treize coups, il ne restait plus aucun doute sur l’identité du voyageur. L’étranger comprit devant les visages craintifs des enfants que son secret était découvert. Il se leva, eut un éclat de rire bruyant, tira une longue langue qui descendit jusqu’à son ventre. Soudain, sa taille doubla. Des cornes lui poussèrent jusqu’aux oreilles. Le voilà qui fit face à l’assemblée, c’était un vrai diable. Avant que quiconque ait pu dire un mot, il commença à tourner comme une toupie. Il tournoyait sans arrêt sur lui-même. Et la maison tournait en même temps que lui… Soudain il poussa des ailes au démon, et « cocorico », sur un battement d’ailes, toute la compagnie s’évanouit… »
« Il se mit à parler à Zlateh. Zlateh, que penses-tu de ce qui vient de nous arriver ? demanda-t-il
- Maaaa, répondit Zlateh.
- si nous n’avions pas trouvé cette meule de foin, nous serions tous deux raides de froid à présent, dit Aaron
- Maaaa, fut la réponse de la chèvre
- si la neige continue de tomber ainsi, il nous faudra peut-être rester ici pendant des jours, expliqua Aaron
- Maaaa, bêla Zlateh
- Que veut dire Maaaa ? demanda Aaron. Tu ferais mieux de parler plus clairement
- Maaaa, Maaaa,, essaya Zlateh
- Bon, va pour Maaaa, alors, dit Aaron plein de patience. Tu ne sais pas parler, mais moi, je peux te comprendre. J’ai besoin de toi et toi, tu as besoin de moi. N’est-ce pas ?
- Maaaa,. »
Zlateh la chèvre